Activités culturelles

 


Les images servent, entre autres choses, à stimuler et organiser la mémoire, à transmettre des informations et à exprimer des émotions. Au-delà de ces fonctions universelles, elles ont aussi le pouvoir de rendre présentes ce que l’on peut appeler des ontologies, c’est-à-dire des ensembles de qualités décelées dans les êtres et les choses. Les quatre principales jouent sur les contrastes entre le corps et les états de conscience : le totémisme (en Australie, par exemple), qui souligne la continuité matérielle et morale entre des humains et des non-humains ; l’analogisme (en Chine, dans le Mexique ancien ou à la Renaissance), qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités essentielles à structurer par des relations de correspondance ; l’animisme (en Amazonie ou en Sibérie), qui assimile les non-humains aux humains par leur intentionnalité et les en différencie par leur corps ; le naturalisme (en Europe à partir du vingtième siècle), qui nous rattache aux non-humains par les continuités matérielles et nous en distingue par l’aptitude culturelle. Ces ontologies s’expriment dans des images de natures très diverses provenant des cinq continents dont on proposera une interprétation anthropologique.

BIOGRAPHIE :

Philippe Descola, né en 1949 à Paris, est un anthropologue français. Ses recherches de terrain en Amazonie équatorienne, ont fait de lui une des grandes figures américanistes de l'anthropologie. Dans le cadre d'une thèse de doctorat d’ethnologie entrepris à l’École pratique des hautes études (6e section), sous la direction Claude Lévi-Strauss, il est chargé de mission au CNRS et effectue son travail terrain chez les Jivaro Achuar en Equateur. En 1987 il devient maître de conférences à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, puis directeur d'études, en 1989. En juin 2000, il obtient la chaire d'Anthropologie de la nature au Collège de France.